* En 2001, à quatre heures d’avion de Paris, un peuple n’a toujours pas le droit d’être indépendant, d’avoir son Etat, et continue sa lutte pour le recouvrement de ses droits, ignorés depuis un siècle. Ce peuple, c’est le peuple palestinien, invisible pour Israël et les occidentaux jusqu’à ce qu’il prenne les armes pour crier qu’il existe, puis accepte de faire la paix avec celui qui l’occupe sans réussir à se voir reconnu pleinement son droit à vivre. Pourtant il est encore permis de croire, à terme, à l’instauration d’une paix juste au Proche Orient pour autant que l’on accepte de porter sur ce conflit un regard dégagé des tabous et clichés qui l’ont accompagné depuis la fin du 19ème siècle. C’est dans cet esprit que j’ai entrepris la rédaction de cet ouvrage en décryptant la réalité de ceux qui sont au centre de " l’enjeu " : les Palestiniens, qu’ils soient actuellement citoyens d’Israël ou habitants de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Face à la multitude de tragédies humaines à travers le monde on pourrait être tenté légitimement de se demander en quoi celle des Palestiniens est-elle plus grave que d’autres ? ou en quoi celle-ci devrait-elle me toucher davantage que d’autres ? Je souhaiterais simplement rappeler que la tragédie des Palestiniens est née essentiellement d’une injustice politique, d’archaïsmes analytiques. Elle n’est pas une " catastrophe naturelle " face à laquelle on serait impuissant. La revendication permanente des Palestiniens à vivre en peuple libre transmet un message de courage  : celui de ne pas accepter, au début du 21ème siècle, un monde où la loi du plus fort est vouée systématiquement à être la meilleure.

VALERIE FERON.