INTERVIEW
André Chouraqui
" Les trois messages de l'Alliance "+(1)
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Le traducteur de la Bible hébraïque, des Évangiles
et du Coran, à Strasbourg ces jours-ci, appelle les trois traditions
religieuses à renouer " une Alliance " pour la paix de l'humanité.
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- Vous publiez un vibrant appel à l'Alliance alors que le conflit
reprend au Proche-Orient, où vous vivez. Ce n'est pas une douleur
particulière pour vous ? -
- C'est un conflit absurde et qui dure, depuis des siècles (2),
et qui s'est aggravé quand les Nations-Unies ont recommandé,
pour résoudre le problème palestinien, la création
de deux États. Les Juifs ont accepté (3). Les Palestiniens
ont refusé et mobilisé cinq armées arabes pour " jeter
les Juifs à la mer ". Cette erreur a été fatale (6)
pour le peuple palestinien. Aujourd'hui Arafat voudrait contraindre Israël
à accepter ses solutions à lui (4). -
- Arafat est passé à Paris. C'est quelqu'un que vous
n'avez jamais rencontré ? - Je n'ai pas voulu. Je voyais trop ce
qui allait se passer. C'est Pierre Mendès-France qui avait souhaité,
à l'époque, me le faire rencontrer, mais je n'ai pas commis
cette erreur (5)
- Vous avez pourtant rencontré des leaders du monde arabe dont
vous dites du bien dans votre dernier livre, Anouar el-Sadate ou le roi
Hassan II du Maroc ? - C'est tout à fait autre chose. Ce qui me
navre, c'est qu'Arafat fait le malheur de son peuple (7).
Menaces de mort
- Traducteur de la Bible hébraïque, des Évangiles,
du Coran, vous dites n'y avoir jamais trouvé un seul verset -en
dehors du contexte historique- qui incite à la violence, au meurtre,
à la calomnie ? -
- Ces trois messages sont les messages de l'Alliance. Et on fait Alliance
avec amour et justice. C'est ce qui arrivera car on n'a aucune autre voie
que ce feu de l'Alliance, qui réchauffe ou qui brûle (8).
L'urgence de cet appel vient des menaces de mort qui pèsent sur
l'humanité entière (9). Il serait dramatique d'annihiler
l'adorable liturgie de la création. -
- On cite parfois des passages du Coran très durs, qui justifieraient
le fanatisme ? -
- C'est une mauvaise interprétation. La même erreur que
celle qu'a commise le christianisme avec l'Inquisition. Même dans
la Bible hébraïque, vous avez des passages qui traitent Israël
plus durement que ne l'ont jamais imaginé tous les antisémites
du monde ! -
- Comment avez-vous vécu le déplacement du pape Jean
Paul II en Israël et en Palestine il y a un an ? -
- J'ai rencontré quatre ces cinq derniers papes . J'ai vu Jean
Paul II quatre fois, et à chaque fois avec un accueil de plus en
plus chaleureux de sa part. C'est dire combien j'ai été heureux
de cet aboutissement. Car dès la première fois, je l'avais
invité, au nom du gouvernement d'Israël et de la ville de Jérusalem
[dont André Chouraqui fut vice-maire], à faire ce pèlerinage.
Il m'a répondu qu'il n'avait pas de voeu plus profond. Il a réussi.
C'est une révolution pour l'Église. Je considère que
ce pape est l'un des plus importants de l'histoire du christianisme.
Abandonner le passé
- Quand vous parlez de vie ou de mort de l'humanité, vous êtes
inquiet ou optimiste ? -
- Il faut abandonner le passé, mort ou mortel, et revenir au
fond de la Bible, qui est l'Alliance. Le juif, le chrétien, le musulman
-et tous les autres, bouddhistes, taoïstes...-, par le simple fait
d'être créés à l'image de Dieu, doivent retrouver
ensemble ce chemin. Ces idées, qui ne m'appartiennent pas, car elles
viennent de la Bible et du Coran, doivent devenir un vrai mouvement qui
révolutionne ce millénaire.
- Propos recueillis par Jacques Fortier
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* André Chouraqui, Mon Testament/ le feu de l'Alliance, éditions
Bayard, 200 pages, 120 F/ 18,29 þ.
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© Dernières Nouvelles d'Alsace, Jeudi 7 Juin 2001.
Commentaires mcs :
1/ le temps serait peut-être venu de tenir compte des travaux
des chercheurs et de parler des véritables origines de la Bible.
Selon Fabre-d'Olivet - la grammaire hébraïque restituée,
fin du 18e siècle - Moïse aurait eu l'honnêteté
- si on traduit la bible honnêtement - de reconnaître qu'il
avait utilisé au moins 3 livres précédents
2/ on peut dire que c'est le plus long conflit du monde ayant survécu;
pas un bon certificat pour les participants; d'ailleurs Nahum Goldmann,
co-fondateur du Jewish Word Congres, avait dit que le conflit palestinien
était insoluble, étant donné que les Sémites
ne connaissaient pas le pardon (interview dans Der Stern). Il connaîtra
donc périodiquement des phases d'extermination (mais aucun des participants
n'arrivera probablement à exterminer complètement l'autre
comme les Hébreux pensaient l'avoir fait avec les Amalécites).
3/ si on lit bien les livres de Nahum Goldman (un homme d'Etat sans
Etat), on voit bien comment les juifs, à partir du début
de ce siècle, ont noyauté les Etat avancés, de la
Russie aux Etats Unis, la Société des Nations, l'ONU. Rien
de plus ridicule et de plus pervers que la phrase "les Nations-Unies ont
recommandé [..] la création de deux Etats. Les Juifs ont
accepté".
4/ Arafat serait bien content si les Israéliens acceptaient
toutes les résolutions de l'ONU. Or ils n'en acceptent aucune
5/ pour un sémite comme les décrits Nahum Goldmann, il
ne faut évidemment pas discuter avec un ennemi, ni une victime précédemment
diabolisée, il faut l'éliminer (càd pousser hors des
frontières terrestres, et si cela ne va pas, hors de la vie). Un
Chouraqui ne parlera ni à Arafat ni à aucun de ses successeurs
qui prétendra vouloir empêcher l'esclavage total des Palestiniens
(esclavage déjà presque parfait aujourd'hui)
6/ Résister à un occupant est une erreur fatale quand
l'occupant est le peuple élu; l'acte juste pour les Palestiniens
serait de faire leur valise et de partir vivre dans le désert, nourris
et soignés par la communauté internationale, une communauté
entretenant un réservoir de main-d'¦uvre pour les Israéliens
payant des salaires chinois.
7/ tous ceux qui cèdent, trahissant leur compatriotes, deviendront
dans l'histoire de grands rois et de grands papes. Tous ceux qui résistent
seront oubliés, ou leur mémoire calomniée (comme les
Pharaon qui accueillir les Hébreux mourrant de faim, ou simplement
toujours à la recherche de verts patûrages, avec, pour l'Egypte,
des systèmes d'irrigation construits par d'autres.
8/ vocabulaire de charlatan et de marabout
9/ c'est chic de parler des menaces de mort qui pèsent sur l'humanité
entière quand chez soi, on va à la chasse aux Indiens.
10/
Manfred-Christian Stricker
7, rue Fort Kléber
67202 Wolfisheim/ Strasbourg
email : orwell@evc.net
le 7 juin 2001
Monsieur Alain Howiller
Directeur-Rédacteur en chef des DNA
Strasbourg
Conc.: interview d'André Chouraqui, par Jacques Fortier, DNA du 7 juin
Monsieur le Rédacteur en chef,
Quand on lit les propos d'André Chouraqui, traducteur de la Bible
hébraïque,
des Evangiles chrétiens et du Coran, on a l'impression que ce
n'est pas la
Bible qu'il a traduite, ou qu'il ne l'a pas lue entièrement,
ou pas compris
l'essentiel, ou tout simplement qu'il a utilisé des nègres.
La Bible a
toujours été un bon business pour les éditeurs.
Chouraqui avait eu l'audace, en traduisant les Psaumes, de traduire
"méchant" par "assassin", étant donné, avait-il
expliqué dans une émission
de télévision du rabbin Eisenberg, que le méchant
finit toujours par tuer.
Le journaliste Jacques Fortier a mis Chouraqui à l'épreuve,
et fort
intelligemment, sur l'affaire de Palestine. Chouraqui est tombé
dans le
panneau, comme on dit, totalement.
Pour lui les Israéliens qui ont rasé 400 villages palestiniens,
musulmans et
chrétiens, chassé près de deux millions d'habitants
là depuis des
millénaires, rasent aujourd'hui les oliveraies, détruisent
patiemment des
centaines de maisons, occupent la partie la plus fertile - 40% - du
camp de
concentration et de travail qu'est Gaza, arrosent leurs pelouses et
remplissent leurs piscines sur des terres confisquées alors
que les
Palestiniens doivent rationner leur eau, visent les yeux d'enfants
pour les
éborgner, et les genoux d'enfants pour les estropier et faire
des
Palestiniens un peuple d'invalides, ces Israéliens ne sont même
pas les
méchants des Psaumes, ce sont des victimes.
L'un des meilleurs papes de la chrétienté, c'est Jean-Paul
II qui l'a reçu,
lui, Chouraqui, quatre fois - pas trois - "avec un accueil de plus
en plus
chaleureux", un pape qui reste presque silencieux - pas tout à
fait il est
vrai - devant l'épuration ciblée dont les chrétiens
de Palestine sont
victimes pour priver les Palestiniens de leur élite (60% de
chrétiens en
moins en un demi siècle, à Jérusalem, opération
totalement réussie dans une
vingtaine d'années, selon le patriarche latin de Jérusalem,
Mgr Sabbah).
Et ces malheureux Palestiniens sont en réalité victimes
non pas de ces bons
Israéliens, mais de leur chef Arafat (que Sharon voulut déjà
une fois
liquidr, lors de son évacuation de Beyrouth par les Français).
Non, Nietzsche, me semble-t-il, ne classerait pas ce Chouraqui parmi
les
aristocrates. Probablement nettement dans le camp opposé. Qu'est-ce
qu'il
est difficile, en certains lieux, de rencontrer un aristocrate. Même
pas à
crédit. Je vais remettre ma bible de Chouraqui sur le marché
(j'aurais dû le
faire avant la publication de cette interview, car maintenant le cours
va
probablement s'effondrer en Alsace).
Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, l'expression
de mes
sentiments distingués.
Manfred-C. Stricke