En réponse aux bombardements israéliens, la résistance palestinienne cible les soldats.
Fevrier 19, 2002



Depuis le début du soulèvement palestinien en septembre 2 000, face à l’armement de plus en plus sophistiqué utilisé par les Israéliens, les groupes radicaux répondaient en ordre dispersé, principalement par des attentats, les attaques contre les colons et les soldats, pourtant représentants directs de l’occupation israélienne, se faisant plus rares. On soulignait régulièrement dans les territoires palestiniens " qu’il est plus facile de se rendre à Tel Aviv que de s’infiltrer par exemple dans les colonies " dotées de dispositif sécuritaire ultramoderne et devenues souvent des positions militaires. Les attaques contre les colons et les soldats se sont cependant intensifiées dernièrement, l’opération la plus audacieuse s’étant déroulée jeudi dernier avec la destruction d’un char israélien à la réputation pourtant solide, témoignant d’une préparation précise. A cela s’est ajouté les tirs de roquettes Qassam 2 par le Hamas. Les Palestiniens " conscients que Ariel Sharon, l’homme de l’invasion du Liban en 1982, va jouer la surenchère ", se disent résignés à tous les sacrifices " pour obtenir la fin de l’occupation , la première des priorités ", souligne le chef du Fatah pour la Cisjordanie Marwan Barghouti, avant l’établissement de leur état souverain. Les actions restent cependant ponctuelles, et selon Marwan Barghouti entrent dans le cadre exclusif " de réponse à des bombardements ou assassinats israéliens ". La direction palestinienne insiste toujours en effet sur l’importance de trouver un règlement politique au conflit, tout en ajoutant ne pas pouvoir empêcher " un peuple occupé depuis 1967, de se laisser bombarder en permanence sans réagir ". Et de souligner que les tirs de roquettes par le Hamas ne sont pas une menace sérieuse pour l’état hébreu, ce que l’on a reconnu par ailleurs côté israélien, le Général Aharon Zeevi, estimant que ces roquettes " n’étaient pas plus dangereuses que des tirs de mortier ". Même discours concernant les 50 tonnes d’armes trouvés à bord du Karine A. Le président Arafat qui a pris " la responsabilité " de cette affaire au nom de ceux qui y seraient impliqués, a rappelé à plusieurs reprises qu’il est beaucoup plus facile et moins cher pour les Palestiniens de se fournir auprès des Israéliens " alors que la presse palestinienne faisait état de cas de trafic d’armes des deux côtés de la Ligne Verte, entre le territoire israélien et le Cisjordanie. Reste face au potentiel militaire d’Israël, puissance militaire non-déclarée, même au sein du Hamas on ne parle pas de victoire militaire, le responsable du Hamas Abdelaziz al Rantissi soulignant dernièrement "  nous ne pouvons pas vaincre Israël avec nos roquettes mais nous espérons infligé assez de souffrances aux Israéliens pour qu’ils comprennent qu’ils doivent se retirer ".
 

Jérusalem-est, Valérie Féron.