Depuis le début du soulèvement palestinien en septembre
2 000, face à l’armement de plus en plus sophistiqué utilisé
par les Israéliens, les groupes radicaux répondaient en ordre
dispersé, principalement par des attentats, les attaques contre
les colons et les soldats, pourtant représentants directs de l’occupation
israélienne, se faisant plus rares. On soulignait régulièrement
dans les territoires palestiniens " qu’il est plus facile de se rendre
à Tel Aviv que de s’infiltrer par exemple dans les colonies " dotées
de dispositif sécuritaire ultramoderne et devenues souvent des positions
militaires. Les attaques contre les colons et les soldats se sont cependant
intensifiées dernièrement, l’opération la plus audacieuse
s’étant déroulée jeudi dernier avec la destruction
d’un char israélien à la réputation pourtant solide,
témoignant d’une préparation précise. A cela s’est
ajouté les tirs de roquettes Qassam 2 par le Hamas. Les Palestiniens
" conscients que Ariel Sharon, l’homme de l’invasion du Liban en 1982,
va jouer la surenchère ", se disent résignés à
tous les sacrifices " pour obtenir la fin de l’occupation , la première
des priorités ", souligne le chef du Fatah pour la Cisjordanie Marwan
Barghouti, avant l’établissement de leur état souverain.
Les actions restent cependant ponctuelles, et selon Marwan Barghouti entrent
dans le cadre exclusif " de réponse à des bombardements ou
assassinats israéliens ". La direction palestinienne insiste toujours
en effet sur l’importance de trouver un règlement politique au conflit,
tout en ajoutant ne pas pouvoir empêcher " un peuple occupé
depuis 1967, de se laisser bombarder en permanence sans réagir ".
Et de souligner que les tirs de roquettes par le Hamas ne sont pas une
menace sérieuse pour l’état hébreu, ce que l’on a
reconnu par ailleurs côté israélien, le Général
Aharon Zeevi, estimant que ces roquettes " n’étaient pas plus dangereuses
que des tirs de mortier ". Même discours concernant les 50 tonnes
d’armes trouvés à bord du Karine A. Le président Arafat
qui a pris " la responsabilité " de cette affaire au nom de ceux
qui y seraient impliqués, a rappelé à plusieurs reprises
qu’il est beaucoup plus facile et moins cher pour les Palestiniens de se
fournir auprès des Israéliens " alors que la presse palestinienne
faisait état de cas de trafic d’armes des deux côtés
de la Ligne Verte, entre le territoire israélien et le Cisjordanie.
Reste face au potentiel militaire d’Israël, puissance militaire non-déclarée,
même au sein du Hamas on ne parle pas de victoire militaire, le responsable
du Hamas Abdelaziz al Rantissi soulignant dernièrement " nous
ne pouvons pas vaincre Israël avec nos roquettes mais nous espérons
infligé assez de souffrances aux Israéliens pour qu’ils comprennent
qu’ils doivent se retirer ".
Jérusalem-est, Valérie Féron.