La trêve n’est plus qu’un vieux souvenir
October 4, 2001



                        VIOLENCE L’attaque mortelle d’une colonie juive mardi soir par le Hamas a provoqué une riposte musclée de Tsahal.

                        C’est au rythme des bombardements israéliens que les habitants de la bande de Gaza vivent depuis mardi soir, suite à l’attaque mortelle de la colonie juive de Aleï Sinaï, située dans le nord de ce territoire palestinien, par deux membres de la branche armée du Hamas, Ezzedinne el-Qassem.

                        Selon les services de sécurité palestiniens, les forces israéliennes ont détruit hier une dizaine de postes de police tuant au moins cinq Palestiniens, dont quatre policiers. Une fusillade a également fait deux morts, des fermiers, et huit blessés. Les bombardements ont également touché des zones agricoles et créé la panique parmi des villageois dont des dizaines ont fui leurs maisons à l’approche de blindés.

                        «Fausse route»

                        Si l’attaque de la colonie d’Aleï Sinaï, qui a fait deux morts (une femme soldat et son compagnon) et 15 blessés, a été condamnée par l’Autorité nationale palestinienne, le Hamas l’a justifiée dans un tract comme riposte «au mensonge de cessez-le-feu israélien». La trêve du 26 septembre n’a pas été suivie d’effet, 21 personnes ayant été tuées dans les jours suivants par l’armée israélienne, parfois sans que le moindre affrontement n’ait été signalé. Pour les Palestiniens l’attaque d’Aleï Sinaï, une première de ce genre, est aussi une réponse à la politique du gouvernement Sharon pour avertir les Israéliens qu’ils font «fausse route» et qu’aucun système de sécurité, aussi perfectionné soit-il, ne pourra protéger leurs colons qui vivent «sur une terre qui ne leur appartient pas». Voir deux jeunes pénétrer ainsi dans une implantation juive et «faire peur» à l’armée israélienne a suscité de nombreuses réactions de fierté, tant à Gaza qu’en Cisjordanie. Les populations souhaitaient depuis plusieurs semaines des actions de ce genre, notamment après l’assassinat le 27 août dernier du leader du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) Ali Abou Moustapha, considéré comme un modéré. Dans le cadre de l’Inifidada, les Palestiniens estiment plus «efficace et d’une certaine manière plus juste» stratégiquement de prendre pour cible les colonies et des positions militaires, que de perpétrer des attentats en territoire israélien, ces actions ne visant pas des innocents anonymes mais des colons et des soldats, représentants directs de l’occupation.

                        Expectative

                        Dans ce contexte, les déclarations du président Bush sur la nécessité d’un Etat palestinien laissent les uns sceptiques. Ils estiment que les Américains courtisent, comme au temps de la guerre du Golfe, le monde arabe pour mettre sur pied la coalition antiterroriste. Les autres sont dans l’expectative. Ils espèrent que cette fois les Américains tiendront parole et mettront sur pied un processus de paix digne de ce nom. Seule conviction de l’ensemble de la population: le succès de la lutte contre le terrorisme passe par une paix au Proche-Orient, qui donnerait enfin au peuple palestinien tous ses droits.
 

                        Deux blessées Deux Israéliennes ont été blessées hier à Hébron, dont une grièvement, par des tirs palestiniens venus du quartier d’Abou Sneineh. Tsahal a riposté à ces tirs. AFP

                        Jérusalem-Est / Valérie Féron