Bilan palestinien de l’offensive israélienne : une infrastructure étatique en miette
et une population désespérée mais soudée face à l'occupant israélien.
Avril 22, 2001

En trois semaines, l’offensive israélienne sans précédent a pratiquement balayé dix années de mise en place d'une infrastructure étatique palestinienne suite aux Accords d’ Oslo. L’accès aux principales villes étant encore très limité, les forces d’occupation continuant de les encercler, il reste difficile d’obtenir un bilan précis des destructions qui doivent s’ajouter à celles des diverses incursions effectuées au cours des 17 derniers mois. Dans toutes les villes réoccupées, les réseaux électriques et hydrauliques ont été systématiquement sabotés en partie ou totalement. Les bureaux des ministères notamment celui de l’ Education à Ramallah ont été fouillés et saccagés (avec destruction en particulier du matériel informatique), de même que les universités (celles de Bethléem, de Bir Zeit près de Ramallah et de Naplouse). Partout, un même spectacle : portes et fenêtres brisées, immeubles et centres commerciaux dévastés, criblés de balles, restaurants, cafés internet ou hôtels dont ils ne restent que des façades noircies. A cela s’ajoute les dommages et les destructions de nombreux sites historiques ( dont le Hammam de la ville de Nalouse), culturels (dont le centre culturel Français à Ramallah) ou religieux (dont plusieurs églises ou mosquées et écoles chrétiennes saccagées à Bethléem et Ramallah). Dans le domaine de la santé, les dégâts sont également importants, le matériel médical (notamment les ambulances) ayant été systématiquement la cible de tirs qu’il appartienne au Croissant Rouge ou à des organismes internationaux. Ces destructions massives causent d'importants problèmes d’environnement et d’hygiène. Combinés à d’autres facteurs, notamment l’impossibilité de mener les campagnes annuelles de vaccination des enfants ou de ramasser des déchets, cette situation risque de provoquer à court terme des épidémies. Le bilan sur le plan humain reste cependant le plus préoccupant : des familles entières sont désormais dispersées, privées de logement, les forces d’occupation ayant détruit des centaines de maisons, et des centaines de personnes souffrent de problèmes psychologiques importants. Un bilan inchiffrable mais qui se solde par un désespoir plus profond que jamais dans l’ensemble de la population, toute classe sociale confondue, propice à une recrudescence du recours à la résistance armée pour mettre un terme une fois pour toute à l’occupation et la colonisation israélienne, en l'absence d'initiatives internationales en ce sens.

 Jérusalem-est, Valérie Féron.