AtsFr 3 - 12.04.2002 13:31:00 -
GENÈVE/CICR/PROCHE-ORIENT/PROTESTATIONS

Proche-Orient Le CICR proteste contre des «humiliations inacceptables»

Genève (ats) Le directeur général du CICR Paul Grossrieder a protesté vendredi contre des «humiliations inacceptables» commises par l'armée israélienne à l'encontre des employés humanitaires. Il a demandé une amélioration rapide des conditions de travail.

Pour le responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), une «crise humanitaire sérieuse est en cours et il n'est pas nécessaire d'attendre qu'elle tourne à la catastrophe pour intervenir».

Le président du CICR Jakob Kellenberger a écrit jeudi au premier ministre israélien Ariel Sharon pour protester officiellement contre les obstacles auxquels les délégués sont confrontés de la part des Israéliens.

Sérieuses difficultés

De retour d'une mission en Israël, dans les territoires palestiniens et aux Etats-Unis, Paul Grossrieder a affirmé que, malgré les assurances reçues au plus haut niveau, les délégués du CICR et les employés du Croissant-Rouge palestinien continuent de se heurter à de sérieuses difficultés de déplacement et d'accès.

Il a cité plusieurs cas d'»humiliations inutiles» commises à l'encontre du personnel humanitaire ces derniers jours: délégués obligés de se coucher dans la boue à côté de leur véhicule à des barrages militaires, ou obligés de se mettre tout nus, jeudi à Jénine.

Si des contrôles de sécurité sont normaux, «il est inutile que les tanks israéliens abîment nos voitures et les ambulances», a déclaré M. Grossrieder. Il a dénoncé également les tirs d'avertissement, qui ont touché à plusieurs reprises des véhicules du CICR.

Des employés humanitaires palestiniens ont également été utilisés comme «boucliers humains» par les soldats israéliens. «Un ambulancier a dû discuter pendant 13 heures avant d'être autorisé à avancer de deux kilomètres», a encore déploré M. Grossrieder.

Seulement 10 % des besoins

Le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge Didier Cherpitel a précisé que 28 employés du Croissant-Rouge palestinien ont été arrêtés au cours des dix derniers jours, dont certains ont été maltraités.

En outre, deux membres du personnel médical ont été tués, 17 ont été blessés, dont cinq sont dans un état grave. Le Croissant-Rouge palestinien ne peut répondre qu'à 10 % des besoins, selon M. Cherpitel.

Allégations de massacres

Le CICR n'est pas en mesure de confirmer les allégations de massacres commises par l'armée israélienne au camp de réfugiés de Jénine. L'organisation n'y a toujours pas eu accès et ne peut donc vérifier ces informations.

Cinq délégués sont par contre présents à l'hôpital de la ville de Jénine. «Ils n'ont vu arriver à l'hôpital aucun mort ni aucun blessé, alors que les combats étaient féroces, à entendre les tirs. Quelque chose ne joue pas», a déclaré M. Grossrieder. L'organisation espère pouvoir enquêter une fois l'accès rétabli au camp de Jénine.

Multiples violations

Le CICR a indiqué que 1200 Palestiniens ont été arrêtés au cours de la dernière vague de violence. Paul Grossrieder a dénoncé les conditions de libération de certains d'entre eux, abandonnés en plein couvre-feu, et donc incapables de bouger sans se faire arrêter à nouveau.

Les destructions de centaines de maisons, l'impossibilité des habitants de recevoir des soins dans les hôpitaux ou à domicile, l'impossibilité d'évacuer les blessés et d'enterrer les morts sont autant de violations du droit humanitaire par Israël.

Le responsable a rappelé que les Palestiniens doivent également de leur côté respecter le DIH. Paul Grossrieder a réaffirmé que les attaques-suicide commises par les Palestiniens sont «totalement inacceptables».

A Washington, le directeur général du CICR a demandé aux autorités de faire respecter le droit international humanitaire, une obligation des Etats selon les Conventions de Genève. La réponse a été positive, a indiqué Paul Grossrieder.

(SDA-ATS\/ln sw/int mil jus c8isr c8pse)