Ecole de Zarka nord-Jordanie
Fevrier 2000
Responsable du projet: Père Imad Twal
1. Origine des écoles paroissiales
Depuis la fondation de sa première paroisse rurale (Beit Jala,
1853),
le Patriarcat latin - réétablit en 1847 - mit en place
un programme
apostolique basé sur les écoles paroissiales. L'ambition
en était la
création d'une école pour garçon et fille pour
chaque nouvelle paroisse
fondée. C'est par cet intermédiaire que les premiers
missionnaires
établirent de nouvelles communautés catholiques dans
des régions rurales
qui n'avaient plus entendues parler de l'eglise catholique depuis des
siecles. En Jordanie tout particulièment, le Patriarcat fut
un véritable
pionnier en matière d'éducation à travers cette
politique qui permit
l'établissement des premières écoles.
Depuis 1854, le Patriarcat demeure fidèle a cette direction
apostolique
qui fut la première en Terre Sainte, et continue sa mission
éducative à
travers des activités qui permettent la promotion de la foi
et de
l'homme, le développement intellectuel et social de la personne.
2. Importance des écoles paroissiales
Plusieurs raisons incitent le Patriarcat Latin à maintenir
et
developper les écoles paroissiales.
2.1. Aujourd'hui comme dans le passé, ces écoles sont
l'unique
possibilité de formation à dimension religieuse non-musulmane.
Par
conséquent, ce sont elles qui forment la majorité des
jeunes catholiques
et des chrétiens de toutes confessions dans les villes et les
villages.
Sans leurs concours, des milliers d'enfants chretiens seraient éduqués
dans des communautées à prédominance musulmane.
Ils seraient en effet
contraints de fréquenter les écoles publiques, ou l'atmosphère
et la
mentalité ne leur permettrait pas de respecter leur propre foi
encore en
germe; quand par exemple le dimanche est un jour d'ecole et qu'aucune
éducation religieuse chrétienne n'est bien sur proposée.
2.2. Les écoles paroissiales sont pour le Patriarcat le meilleur
environnement et la possibilité privilégiée de
favoriser le
développement éventuel de vocations religieuses dans
les communautés
chrétiennes du Moyen-orient. Ne pas permettre cette autre éducation
religieuse dans un contexte majoritairement musulman serait à
long terme
condamner l'église locale.
2.3. Ces écoles sont par ailleurs d'excellentes places oeucuméniques
et
par conséquent le gage d'une compréhension et d'un dialogue
inter-religieux. En effet, elles accueillent depuis toujours des élèves
de toutes communautés et de toutes dénominations, et
offrent en outre de
la formation religieuse, une solide éducation morale et intellectuelle.
Chacun y est amené à connaitre non seulement les fondements
de sa propre
religion, mais aussi celle de son proche voisin.
2.4. Par leur existence et leur spécificité, les écoles
paroissiales
-généralement implantées dans les quartiers les
plus défavorisés-
travaillent au developpement social et humain des populations les plus
pauvres. Sans elles, il n'y aurait pas nécéssairement
pour les enfants
de ces familles la possibilité d'une éducation satisfaisante.
2.5. Par leur travail qui se veut de la meilleur qualité possible
et
leur enseignement local, les écoles paroissiales essayent de
limiter le
mouvement prédominant et souvent problématique des populations
rurales
en direction des villes.
2.6. De même, ces écoles se veulent être un frein
et une des réponses
concrètes à l'importante émigration actuelle des
populations chrétiennes
arabes en direction des pays étrangers (U.S.A., Australie, Canada
et
Europe pour la majorité). L'émigration des chrétiens
de Terre Sainte
n'est pas nouvelle, elle a commencée vers la fin du 19ème
siecle et
s'est largement accélerée depuis la guerre de 1967. Il
est évident que
ce phénomène persistant préoccuppe fortement et
en priorité nos églises
locales, tout comme d'ailleurs l'Eglise universelle.
3. Zarka nord
3.1. Population
A 25 kms au nord d'Amman se trouve Zarka, ville gagnée
sur le désert et
fondée en 1927 dont l'expansion démographique spéctaculaire
ne cesse de
poser problème. Avec ses 800 000 habitants actuels, elle est
aujourd'hui
considérée comme la troisieme ville de Jordanie par sa
taille, après
Amman et Irbid.
Du fait de l'inflation constante de sa population, cette ville
s'est
développée sans aucune planification, de manière
spontannée et
anarchique. Pour l'essentiel en effet, ses habitants proviennent des
importantes vagues d'immigration des familles palestinniennes qui se
sont succédées en 1949, 1967 et 1991. Cette dernière,
consécutive à la
guerre du Golfe, fut la plus catastrophique. Zarka étant la
première
ville station entre Kuweit, Bagdad et Amman, les réfugiés
s'y sont
installés en masse et s'y retrouvent pour le plus grand nombre
dans une
situation de précarité.
3.2. Les chrétiens à Zarka
Considerés comme une minorité dans un milieux essentiellement
musulman,
les chrétiens de Zarka comptent une population d'environ 25
000
personnes.
3.3. L'église catholique latine à Zarka nord
Notre paroisse à été fondée en 1963
comme succursale de Zarka sud et à
put voir le jour grace à l'aide financière des Chevaliers
de l'Ordre du
Saint Sepulcre du diocèse de Padeborn en Allemagne. En raison
du manque
d'enseignement religieux chrétien dans les écoles publiques
gérées par
le gouvernement et suite aux ambitions du Patriarcat Latin, l'Eglise
à
implanté sa propre école à Zarka. Cette paroisse
compte environ 1300
familles, avec pour chacune une moyenne de cinq enfants. Nous évaluons
ainsi approximativement à plus de neuf milles membres notre
communauté.
Par ce centre paroissial, l'Eglise assure différents services
à la
population locale, ils sont d'ordres religieux, scolaires et sociaux.
3.3.1. Les activites pastorales
Les services d'ordre religieux sont assurés par deux jeunes prêtres
et
sept religieuses de l'institut d'origine italienne "Suore Dorotee figlie
dei Sacri Cuori-Vincenza".
La messe est bien sur assurée quotidiennement en plus des quatre
messes
du dimanche, des offices et célébrations ponctuelles
telles que
mariages, enterrements et baptêmes. Les visites individuelles
aux
familles sont également pour les prêtres une activité
à temps plein,
tous attendent cette visite qui est une marque sociale de reconnaissance
et l'occasion d 'une catéchèse informelle.
Des cours d'instruction religieuse sont donnés au sein de l'école,
ces
cours sont un lieu de dialogue et d'expression privilegié pour
les
jeunes, pour qui il est parfois délicat de revendiquer et de
conserver
une identité religieuse chrétienne au sein d'une société
musulmane. Ce
service est assuré par les prêtres et religieuses, les
mentalités
actuelles ne permettant pas encore à des laïcs d'assurer
ce service.
Un groupe de 150 jeunes scouts se réunit chaque semaine et prépare
differents projets à caractères religieux et sociaux.
Son ambition est
la construction personnelle de chacun de ses membres à travers
ses
capacités propres, en vue du développement et du progrès
social.
"Les legions de Marie" comptent deux sections pour parents et pour
jeunes. Ce sont des groupes de partage hebdomadaires à thèmes
religieux.
Jeunesse; des groupes de discussions se réunissent chaque semaine,
en
section élémentaire, préparatoire et universitaire.
3.3.2. Les activites sociales
3.3.2.1. Le centre "Cardinal Jaeger" met plusieurs services à
la
disposition de tous, sa récente rénovation a couté
plus de 13 000 JD.
Une garderie reçoit chaque jours environ 85 enfants et emploie
11
personnes. Sa direction est confiée à une soeur de la
communauté.
Un cabinet dentaire est à la disposition de tous et particulièrement
des
personnes les plus pauvres. Il soigne chaque jour environ 15 à
25
personnes.
Une clinique tenue par un docteur soigne tous ceux de la zone qui en
ont
besoin, sans distinction religieuse ou sociale. Elle est
particulièrement utile auprès des personnes qui ne peuvent
payer des
frais d'hopitaux trop onéreux.
3.3.2.2. Le centre de couture et de tricot est également tenu
par une
religieuse, cent filles et mères de familles y apprennent à
coudre à la
machine et à tricoter pour gagner leur vie. Cette formation
dure une
année.
3.3.2.3. L'école de secrétariat regroupe 57 étudiantes
et propose une
qualification en matière de communiction et de correspondance,
une
formation au travail administratif, un apprentissage de l’anglais,
des
cours de dactylographie arabe et anglaise, une qualification en
informatique et un apprentissage à l’usage d’internet. Cette
formation
est proposée sur 10 mois. Ce centre de formation permet de qualifier
des
femmes en vue de leur insertion sur le marché du travail. Son
objectif
est de fournir une qualification de base en administration et en
bureautique; munir d’une formation générale et complète
de jeunes
secrétaires compétentes en vue de satisfaire les besoins
publics et
privés en Jordanie.
3.3.2.4."L'esperance"est un atelier de couture et de création
de
vêtements liturgiques ou travaillent environ 80 femmes cinq jours
sur
sept.
Il s'y ajoute un atelier d'art: chaque personne reçoit de quoi
travailler selon ses capacités; nous essayons de développer
chez elle un
esprit de créativité pour qu'elle puisse gagner sa vie
honorablement. A
la fin de chaque mois, nous les payons et exposons à la vente
leurs
productions dans un petit magazin proche de l’école.
3.4. L'école
3.4.1. Présentation.
L’école est le coeur de notre travail, par elle nous cherchons
à
améliorer les conditions d’existence de toute une nouvelle génération
qui grandit à Zarka, tout particulièrement celle des
enfants des
familles tres pauvres de notre zone paroissiale; lutter pour le
développement par l’éducation. Nous désirons pour
eux un enseignement de
valeur et des conditions de travail optimales qui prennent en compte
le
contexte technique actuel, leur donner des moyens de qualité
en
développant et favorisant tout particulièrement la pratique
informatique. Cette formation se veut autant intellectuelle qu’humaine
et nous voulons notemment encourager l’ouverture aux autres et le
dialogue, l’école étant ouverte à tous, chrétiens
et musulmans.
Notre école paroissiale accueille en tout 902 élèves.
Le Kindergarten,
fondé par Frau Underberg en accueille 175. L'école propement
dite en
compte 727, répartis en trois séctions: élémentaire,
préparatoire et
secondaire. Les premières années sont mixtes, mais la
scolarité s'arrête
pour les garçons en sixième, nous ne formons que les
jeunes filles
jusqu’au baccalauréat.
Les frais de scolarité (150 JD) sont une petite contribution
demandée
aux chrétiens pour participer à la résponsabilité
de former leurs
enfants, de batir et maintenir leur église, Mais les personnes
qui
vivent en dessous du seuil de pauvreté sont toujours exemptées.
En
définitive, seuls 300 enfants sont financés par leur
propre famille, les
autres ne pouvant pas payer. L’école est donc chaque année
subventionnée
par le Patriarcat qui couvre la dette annuelle d'environ 70 000 JD.
3.4.2. Besoins
Grace aux financements ponctuels que l’attention internationnale
à deja
bien voulue nous fournir, nombres de personnes bénéficient
désormais de
nos différents services. La possibilité d’un développement
individuel et
d’un progrès social pour les plus pauvres de Zarka nord est
maintenant
pour une part établie. Chaque jour, nous pouvons en apprécier
les
résultats et travailler concrètement à cette fin.
Mais notre action est encore petite et pauvre face aux besoins
de la
population toujours croissante et, pour une majorité, toujours
aussi
démunie. Beaucoup de travail et d’efforts restent donc à
faire , autant
pour améliorer les conditions de ce qui existe déjà
que pour créer de
nouveaux services; étendre plus largement et dans de meilleurs
conditions notre action quotidienne.
Quels sont nos besoins actuels?
3.4.2.1. La cour de l'école abrite les terrains de jeux
et de sports.
Celle ci est actuellement en pente et aurait besoin d'être applanie.
3.4.2.2. L'école est un édifice important qui s'élève
sur trois étages.
Les fenêtres du dernier étage donnent directement sur
la rue sans
protection particulière. Cette situation est dangereuse et ne
satisfait
pas aux règles de sécurité, elle peut être
l'occasion d'un accident
grave. Les services du gouvernement nous ont déjà signalés
ce problème
plusieurs fois et nous demandent d'y remédier au plus vite.
Aussi nous
devons y installer des volêts de sécurité.
3.4.2.3. L'école n'est actuellement pas chauffée.
Les chauffages
portatifs au gaz trop dangereux étant interdits, nous devons
y aménager
un chauffage central. Cette démarche nécéssite
d'importants travaux pour
l'installation proprement dite, mais également et préalablement
pour la
rénovation et l'aménagement des locaux contre les courants
d'air et
l'étanchéité au froid.
Premièrement, il faut remplacer l'intégralité
des fenêtres qui ne sont
actuellement pas étanches.
Deuxièmement et comme les couloirs donnent directement
sur l'air libre,
il faut prévoir un aménagement de grandes fenêtres
étanches (de type
alluminium ou plexiglas) pour fermer ces couloirs.
Une fois ces aménagements préliminaires exécutés
et les batiments
devenus étanches, il deviendra possible d'y aménager
un chauffage
central.
3.4.2.4. Les sanitaires de l'école doivent être rénovés
et leur nombre
augmenté. Il n'y a que quatre toilettes pour les garçons
et quatre
également pour les filles. Ces huit toilettes sont nettement
insuffisants pour assurer des conditions sanitaires convenables aux
huit
cent élèves susceptibles de s'en servir.
3.4.2.5. Les batiments de l'école ont besoins d'être
néttoyés et
peints.
3.4.3. Projets
Les besoins définis ci-dessus sont ceux de l'immédiat
et correspondent
à l'amélioration de ce qui existe et fonctionne déjà
en l'état depuis
quelques années. Mais d'autres nécéssités
non moins importantes et
urgentes se font depuis longtemps sentir.
L'école manque totalement de salles spécialisées
pour les différentes
matières qu'une structure éducative complète se
doit d'apporter à ses
élèves. Aussi notre ambition est-elle de créer
ces structures
spécialisées, moyennant l'apport du matériel et
des locaux. Quelles
sont-elles?
3.4.3.1. Une bibliothèque fournie en livres et en documentation
diverses.
3.4.3.2. Un laboratoire pouvant servir aux différents exercices
de la
chimie et des sciences physiques.
3.4.3.3. Une salle d'informatique dotée d'ordinateurs et du matériel
qui
convient à cet apprentissage. (L'enseignement et la pratique
de
l'informatique est une de nos priorités, pour les enfants comme
pour les
adultes. Le manque d'ordinateurs est global, pour les enfants de l'école
comme pour les adultes qui se forment au centre de secétariat
juste à
coté).
3.4.3.4. Une salle pour les arts plastiques et les différents
apprentissages manuels et artistiques. (Il n'y à pas non plus
de salle
de musique ni d'instruments.)
3.4.3.5. Des salles de réunions ou les autres jeunes universitaires
(qui
fréquentent ces mêmes batiments dans le cadre des activités
paroissiales, en après-midi après les heures scolaires),
puissent êtres
accueillis pour leurs différentes activités.
Afin de pourvoir à toutes ces demandes éducatives de base,
nous
projettons la constuction d'un nouveau batiment de trois étages.
Celui
ci peut-être installé dans l'enceinte même de l'école,
à l'endroit de
l'actuel garage à voiture, et n'oblige pas à l'acquisition
d'un nouveau
terrain.
Un autre projet encore veut répondre au manque éducatif
de Zarka. Comme
nous le soulignions plus haut, notre école locale ne peut répondre
à
tous les besoins, et tout particulièrement à celui des
garçons pour qui
elle se ferme à partir de la sixième (élèves
entre dix et douze ans).
Seules les filles poursuivent chez nous leurs études jusq'au
baccalauréat. Aussi notre projet pour les années à
venir est-il la
création d'une autre école paroissiale pour garçons,
capable de fournir
l'enseignement qui manque aujourd'hui à ces jeunes adolescents.
Ce
projet comporte l'achat d'un terrain à batir dans la nouvelle
Zarka à
quelques kilomètres de notre centre. Le seul terrain qui serait
constructible dans notre quartier est actuellement réservé
pour
l'édification d'une mosquée.
4. Conclusion
Au sein de notre travail paroissial, et à notre mesure, nous
agissons
quotidiennement pour le développement et le progrès social
des
populations les plus demunies de Jordanie. Nos services pastoraux et
sociaux sont fermements implantés mais nécéssitent
encore d'être
améliorés, afin que ces enfants ne soient pas victimes
de l'inégalité
sociale et reçoivent l'éducation qu'ils méritent.
Lutter pour le progrès
social et la dignité de la personne humaine ne connait ni confessions
ni
frontières, c'est pourquoi nous sollicitons votre soutien. Nos
besoins
sont précis et nos revenus limités aux dons : l'Eglise
de Zarka a besoin
de vous. Les chrétiens de Zarka ont besoin d'être membres
de l'Eglise
universelle.
Nous sommes tous frères d'un seul Père. Aidez-nous
afin que nous
puissions témoigner de la présence du Christ dans le
monde et être le
sel de la terre.
Père Imad Twal